Ar Vuhez vous invite mercredi 29 janvier prochain à une conférence de Jean-Michel Hupé, chercheur au CNRS, qui nous vient de l’Atelier d’Ecologie Politique de l’Université de Toulouse.

Partant du constat que la planète va mal (selon le dernier rapport scientifique du GIEC), mais que nous pouvons avoir notre mot à dire pour  rééquilibrer le cours du monde, notre intervenant, lui-même chercheur engagé, nous présentera le concept d’écologie politique et son application dans la recherche.  Étudiants et chercheurs découvriront ainsi le poids de la prise de position éthique ainsi que les moyens d’action qui sont à leur disposition pour tendre à une recherche scientifique enfin engagée pour l’avenir de tous.  Cette conférence sera suivie d’un temps d’animation au cours duquel vous expérimenterez votre prise de position dans les débats.

« Cela change tout » : sciences et scientifiques à l’ère de l’anthropocène, une proposition d’écologie politique dans la recherche et les universités.

Le réchauffement et les bouleversements climatiques, la sixième extinction des espèces et le dérèglement du système terre ne sont plus des perspectives futures inquiétantes : ces phénomènes résumés par le concept d’anthropocène ont commencé. Depuis 30 ans que les scientifiques du GIEC sonnent l’alarme, la course folle destructrice suit son cours et même accélère. Tout retard à commencer à ralentir signifie une adaptation à de nouvelles conditions de plus en plus difficiles. Continuer le « business as usual » est suicidaire, alors que, pour reprendre le titre d’un ouvrage de Naomi Klein, ces bouleversements « changent tout ».

Le monde scientifique devrait être le plus conscient et donc le premier à refuser de continuer ses recherches et à enseigner comme si de rien n’était.

Au sein du collectif de scientifiques de  ‘l’atelier d’écologie politique de Toulouse’ (Atécopol), nous refusons de nous protéger derrière une prétendue neutralité scientifique, qui n’a jamais existé, mais au contraire nous tentons de faire face à nos responsabilités, sans a priori ni parti pris et avec rigueur, avec une démarche scientifique donc, mais sans craindre de mettre en avant et de questionner nos valeurs.

Nous questionnons non seulement l’impact écologique direct de nos recherches (faut-il continuer à prendre l’avion pour aller à des conférences internationales ?) mais aussi et encore plus l’impact indirect : nous questionnons l’alliance historique de la science et de la technologie dans la promotion de la fuite en avant productiviste, et nous posons la question du bien fondé de certaines recherches.

Face aux urgences écologiques, le moto de l’Atécopol, repris de Sciences Citoyennes, est que la responsabilité des chercheuses et chercheurs est proportion de leur « savoir et que nul ne peut s’exonérer de sa responsabilité au nom de son impuissance s’il n’a fait l’effort de s’unir à d’autres ».

Après la présentation d’un état des lieux scientifique de l’anthropocène interrogeant les responsabilités historiques, nous discuterons des tensions entre éthique et science et des nouvelles alliances possibles avec étudiant-e-s et chercheur-e-s rennai-se-s.

Retrouvez-nous mercredi 29 janvier 2020 à 18h30, amphi B du Bâtiment 2A, Campus de Beaulieu, 263 avenue du Général Leclerc à Rennes.

–> Retour sur la soirée de mercredi : des avis partagés…

On a aimé les débats mouvants qui ont maintenu la salle éveillée malgré les graphes en série, l’investissement du public dans les prises de parole, l’amphi presque plein ! Merci à vous tous et toutes d’être venu.e.s si nombreux.ses ! On a moins aimé l’organisation de la présentation, qui a duré en longueur (pendant près de deux heures) avant d’en venir au coeur du sujet, la redondance des informations transmises à un public en majorité déjà initié, et voir les potentiels du public si peu exploités: ça nous donne envie d’organiser des ateliers dans un espace moins formel, où on construirait vraiment une réflexion collective à partir des idées de vous tous.tes chercheurs, chercheuses, étudiants et étudiantes engagées, autour de ce sujet passionnant qui titille: comment adapter la neutralité inhérente à la recherche scientifique lorsqu’on vit les chamboulements du XIXème siècle ?

Affaire à suivre donc… Keep in touch !