Mardi 28 janvier 2020, une table ronde autour du vaste sujet qu’est le « changement climatique » était organisée à l’Espace des Sciences à destination des lycéens, collégiens et étudiants. Yvan Lagadeuc, enseignant-chercheur à Rennes1, y avait chaleureusement convié Ar Vuhez.

Les trois intervenants (Pascale Braconnot, climatologue, Bruno David, président du Muséum National d’Histoire Naturelle, et Olivier Fontan, politique macroniste au Haut Conseil pour le Climat) y ont chacun leur tour exposé leur vision, mêlant sciences et politique.

Pascale Braconnot, physicienne-dynamicienne du climat, a évoqué les recherches de son labo sur l’amplitude des dérèglements. Elle nous a présenté les projections et tests d’hypothèses qui sont le coeur de leur métier: la vérification que les modèles proposés ont un sens est en effet permanente. Les chercheurs ne travaillent pas que sur des moyennes, mais se focalisent également sur des cas particuliers tels que les canicules (comme l’épisode récent de l’été 2019). La climatologue a insisté sur le fait qu’aujourd’hui les études entre climat et société mènent à créer de nouveaux métiers pour faciliter le dialogue et la compréhension des sociétés au sujet des questions climatiques. Il devient nécessaire de s’interroger sur le devenir du climat, et les jeunes sont vivement invités à prendre part aux réflexions.

Bruno David : « La biodiversité elle bouge ». Postulat de base. On observe des dérives vers le Nord en Europe sur vingt ans (par exemple, 114 km pour les papillons, 37 km pour les oiseaux). Ces mouvements sont limités dans l’espace par les montagnes (ce sont les nasses montagnardes : il arrive un moment où quoi qu’on fasse on ne peut plus monter plus haut..) et par les pôles (les nasses polaires: on ne peut plus monter plus au nord, ou descendre plus au sud). L’extrapolation de ces migrations pose la question des vitesses: si les conditions abiotiques subissent un dérèglement trop rapide, les espèces n’ont pas le temps de s’y adapter. La biodiversité réagit à ces modifications en s’acclimatant. Un dérèglement trop rapide provoque par exemple un déphasage des sources de nourriture: Bruno David prenait l’exemple des mésanges bleues. Les chenilles (dont les mésanges se nourrissent) se sont adaptées aux modifications de l’environnement en modifiant en conséquence leur cycle de vie, mais…pas les mésanges ! Celles-ci se retrouvent donc aujourd’hui à dépenser 7 fois plus d’effort pour se nourrir…

Un autre phénomène marquant est le blanchissement des coraux: cette sorte de « suicide » naturel avait lieu régulièrement en moyenne tous les 27 ans dans les années 80. On y assiste désormais tous les 6 ans aujourd’hui…

Les connaissances sont indispensables pour anticiper et agir, et réfléchir dès aujourd’hui à comment s’adapter. C’est dans cette optique que des labos s’interrogent par exemple sur quelles essences planter à tel endroit aujourd’hui pour qu’elles y soient bien adaptées dans quelques années. Préparer l’avenir dès aujourd’hui… oui ça devrait être la base de chaque action.

Olivier Fontan [délégué du Haut Conseil pour le Climat instauré par notre cher président pour faire semblant de montrer qu’il s’intéresse vaguement à la question, mais si mais si] nous a fait trépigner sur nos sièges rembourrés. Discours politique fataliste plein de grandes promesses creuses, réponses à côté de la plaque aux questions des ptits jeunes qui voulaient discuter décroissance, désobéissance civile et altermondialisme… Ah on aurait aimé lui prendre le micro pour porter un autre discours.

Ar Vuhez n’avait donc pas un grand rôle à jouer dans cette table-ronde, puisqu’anonyme parmi le public, mais cette expérience nous a néanmoins motivé.e.s à peaufiner notre argumentaire pour réussir à nous affirmer et à porter haut et fort le message constructif qu’on s’attache à enrichir au quotidien par nos actions d’éducation à l’environnement arvuhéziennes. Y’a plus qu’à ! 😉